Cartographie du Mali : état d'avancement du projet

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En octobre 2012, IGN France International a remporté le projet de cartographie au 1/200 000 du Mali et de modernisation de son institut géographique, l'IGM (Institut Géographique du Mali). Financé par le Fonds Européen de Développement, cet ambitieux projet est prévu pour s'achever en juin 2016.

Après un peu plus d'un an d'activité, Nicolas GREHANT, le chef de ce projet, fait un premier point d'étape.

Le projet a officiellement débuté en octobre 2012. A ce jour, quelles étapes ont déjà été réalisées ?

Nous avons achevé la première tranche du projet qui consistait à mettre en place l’environnement de travail et nous avons débuté depuis septembre les premières étapes de la production.

Lors de la première tranche, nous avons travaillé dans plusieurs directions visant à poser les fondations du projet.

Nous avons procédé en juillet à la réception et l’installation des équipements issus de l’appel d’offres international lancé à Noël 2012. Cet appel d’offres portait sur les équipements (ordinateurs, logiciels, scanners, traceurs, GPS, véhicules…) nécessaires au travail des 4 futurs ateliers : MNT/Image, Saisie/Base de données Vecteur, Complètement et Cartographies. La réception de ces équipements s’est faite dans des locaux de l’IGM réhabilités pour l’occasion.

Second point essentiel : nous avons réceptionné l’ensemble de l’imagerie satellite SPOT 6. Les premières images avaient été livrées en mars 2013. En moins de 5 mois, grâce à des acquisitions en longs segments nord-sud jusqu’à 600km, les 1 241 000 km² du Mali ont été couverts sans nuage.  L’Institut Géographique du Mali (IGM) pourra donc disposer de données détaillées à 1,5m de résolution, sur un territoire grand comme deux fois et demie la France. Notre expert Image en a profité pour former à Geoview les équipes locales grâce à du matériel prêté gracieusement par IGNFI.

Pour ne pas perdre de temps, nous avons également porté nos efforts sur la collecte des données existantes. Après avoir rassemblé et dématérialisé les nombreuses informations disponibles à l’IGM, nous nous sommes tournés vers d’autres structures publiques ou privées telles que la Direction Nationale des Routes ou l’Institut National de la Statistique. En quelques mois, nous avons pu ainsi collecter des données relatives aux routes, aux voies ferrées, aux forêts classées ou au recensement des populations et des infrastructures (le dernier avait été réalisé en 2009 dans plus de 20 000 villes, villages et hameaux). 

Ces données, une fois qualifiées pour s’assurer de leur précision, nous servent désormais comme aide ou complément à l’interprétation des images. Elles permettent également de mieux orienter nos futurs travaux de complètement terrain.

Des demandes officielles ont été faites et nous mettons en place des partenariats. Il est effectivement fondamental pour l’IGM de créer autour de lui un réseau qui permettra d’assurer à plus long terme la bonne mise-à-jour de ses produits. Chaque organisme partenaire se trouve de son côté doublement gagnant puisqu’il bénéficiera d’un contrôle qualité de ses données et d’une possibilité de représentation de ses informations sur la carte et/ou sur le futur Géoportail.

Enfin, à noter également la réalisation d’un diagnostic complet visant à réhabiliter la presse offset de l’Institut et à mettre en place un véritable Service de Photogravure et d’Impression. L’expertise technique est finalisée. La balle est désormais dans le camp des décideurs politiques et financiers pour déclencher cet autre projet prometteur pour le développement du pays.

Depuis septembre 2013, nous sommes rentrés dans la seconde tranche du projet : le démarrage de la production.

Cette phase a débuté à l’Atelier MNT/Image avec le lancement des traitements géométriques et radiométriques sur l’imagerie satellitaire, une saisie en avance de phase de l’hydrographie et une formation au nettoyage des courbes de niveau issues du MNT.

Côté Atelier Saisie/Base de données la production vient de commencer grâce à la photo-interprétation des prises de vue orthorectifiées issues de l’Atelier MNT/Image. Nous travaillons actuellement sur la partie sud du pays, à cheval sur les régions de Koulikoro, Ségou et Sikasso. La région de Sikasso devrait être la première finalisée.

Tous ces travaux sont rendus possibles grâce au recrutement et à la formation qui ont été opérés. Le projet compte désormais 9 cadres de l'IGM et 30 contractuels (jeunes diplômés maliens recrutés pour le projet). Il convient d’ailleurs de souligner la totale implication des cadres de l’IGM.  

En parallèle de la production, nous poursuivons également le travail de collecte de données et de mise en place de partenariats. Nous recherchons tout type d’information sur les thèmes pouvant encore nous manquer (mines, barrages, lignes à haute et moyenne tension…).

Vous venez de lancer la production de la nouvelle Base de Données Nationale Vecteur. Quelles sont les étapes à venir ?

La réalisation de la Base de Données Nationale Vecteur au 1/200 000 va monter en puissance et en qualité au fur et à mesure du gain d’expérience et de productivité des cadres et opérateurs recrutés par le projet. Nous allons courant mars débuter les activités de complètement terrain afin d’obtenir de premiers résultats avant la saison des pluies (4 mois d’inactivité de mi-juin à mi-octobre). La cartographie traditionnelle débutera en septembre, la réalisation des premières spatiocartes venant plus tard. Nous gardons également en tête nos objectifs  parallèles : la création d’une Base de Données Nationale Vecteur au 1/1 000 000, et la mise en place de bases de données cartographiques raster et d’une base de métadonnées.

Enfin n’oublions pas que notre but est non seulement de réussir la production, mais également de réussir le transfert de compétence qui permettra à l’avenir à l’IGM de voler de ses propres ailes pour la mise-à-jour de ses bases de d et produits.

Quand peut-on espérer voir apparaître les premières données sur le futur Géoportail, et les premières cartes imprimées ?

La Politique Nationale de l’Information Géographique (PNIG) a été définie lors du Conseil des Ministres du 26 janvier 2012. Des outils comme le Géoportail et le Géocatalogue constituent des éléments déterminants de cette PNIG en favorisant tant les échanges que la mise en valeur des produits. Ces plateformes web réalisées par la société MEMORIS du Groupe FIT ont été spécifiées au mois de septembre dernier. Elles seront mises en place au sein de l’IGM en juin 2014. Nous souhaitons les rendre disponibles aux partenaires de l’IGM comme au public dès le mois de mai 2015, de manière à promouvoir le projet ainsi qu’à obtenir un maximum de retour des utilisateurs.

Côté cartes papier, nous envisageons d’imprimer à l’été 2015 une quarantaine de coupures au 1/200 000 sur les 119 que comptera le Mali. 

Nicolas Gréhant est actuellement ingénieur au sein du Service de la Cartographie de l’Institut National de l’Information Géographique et Forestière (IGN France). Il a passé douze années au sein du Ministère de la Défense avant de choisir de réemployer ses compétences topographiques et cartographiques au sein de la structure civile.

Après le Sénégal dont la cartographie a été revue en 2008, le Burkina Faso dont le projet est actuellement en cours, c'est la 3ème fois qu'IGN France International réalise des projets de cette nature et d'une telle ampleur. 

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